Texte court : « Page blanche » par Thomas Bardoux

Page blanche. Encore. Et. Toujours. Cette. Page. Blanche !

Bon bah, tu sais quoi ? Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds par un bout de papier dont le but est de décrire de façon brouillonne ce qui est si clair à l’esprit ! Non madame ! Je vais écrire que ça te plaise ou non. Mais qu’écrire ? Ma vie ? Non, c’est une nouvelle pas un journal.

Les bêtises de mon chat ? Pff, trop de choses à mettre et si peu de temps !

Tiens je sais, je vais décrire mon environnement ! Je suis assis sur une chaise en bois devant une table coulissante sortie d’un faux meuble, avec ma mère qui fait de drôles de mimiques à cause de son pc qui rame, pc qui en plus, à l’audace d’empiéter sur mon espace vital, à tel point qu’à chaque point le bout de mon stylo heurte le dos de l’écran.

Sur la table, des gâteaux au cumin et une bière, seules choses empêchant ma mère d’envoyer cet ordinateur dissident par la voie des airs. J’avoue, j’en profite un peu. Quoi ? Meuh non, des gâteaux pas de la bière espèce de feuille aux idées mal placées.

A ma droite, le plan de travail de notre petite cuisine : l’évier est vide, ce qui est surprenant, en même temps avec peu d’eau chaude et pas de lave-vaisselle à disposition, la pile d’assiette et de couverts grandit telle la tour de Babel. Sur le séchoir, la vaisselle propre attends d’être rangée avec la patience des objets inanimés.

Plus loin, la plaque de cuisson sur laquelle trône la Sacro-Sainte Machine A Faire Des Chips.

Une mandoline et deux plaques à mettre au micro-ondes mais c’est suffisant pour nourrir la Faim quand la chef de famille n’est pas encore rentrée de son boulot.

Sur ma gauche, pas grand chose, deux tourtières, l’une vide et l’autre au sein de laquelle dors mon chat, un gouttière tigré près à tout pour faire des bêtises plus absurdes que les précédentes, oui tu peux me regarder avec tes yeux verts, petit fauve, j’écris sur toi quand je veux.

Sur le mur, mon emploi du temps allégé pour mes problèmes de concentration et une affiche du théâtre auquel je participe. Tu vois, feuille? J’ai réussi à écrire, et sûrement même à te taper sur clavier ensuite.

Bon, c’est pas tout ça mais moi je dois t’envoyer, sayonara, ancienne feuille blanche !


Questionnaire de Proust : Rose Tissier, auteure

photo rose tissier

1. Le principal trait de mon caractère ? L’imagination.

2. La qualité que je préfère chez un homme ? L’écoute.

3. La qualité que je préfère chez une femme ? La détermination.

4. Ce que j’apprécie le plus chez mes amis ? Le soutien.

5. Mon principal défaut ? L’anxiété.

6. Mon occupation préférée ? La broderie au point de croix.

7. Mon rêve de bonheur ? La sérénité.

8. Quel serait mon plus grand malheur ? Perdre un être cher.

9. Ce que je voudrais être ? Artiste.

10. Le pays où je désirerais vivre ? Là où je me sentirais chez moi.

11. La couleur que je préfère ? Le bleu.

12. La fleur que j’aime ? Le tournesol.

13. L’oiseau que je préfère ? Le martin-pêcheur.

14. Mes auteurs favoris en prose ? Jane Austen, Shakespeare.

15. Mes poètes préférés ? Arthur Rimbaud.

16. Mes héros favoris dans la fiction ? Ceux qui n’existent pas dans la vraie vie.

17. Mes héroïnes favorites dans la fiction ? Les femmes de caractères.

18. Mes compositeurs préférés ? Mozart, Beethoven.

19. Mes peintres favoris ? Van Gogh et Le Caravage.

20. Mes héros dans la vie réelle ? Ceux qui ont le courage de leurs opinions et le respect de la différence.

21. Mes héroïnes dans l’histoire ? Les femmes de lettres et de sciences.

22. Mes noms favoris ? Rose (logique c’est un pseudo !), Isabelle. Je ne suis pas sûre d’avoir compris la question !

23. Ce que je déteste par-dessus tout ? La noix de coco.

24. Personnages historiques que je méprise le plus ? Les auteurs de génocides.

25. Le fait militaire que j’estime le plus ? Je suis pacifiste.

26. La réforme que j’estime le plus ? Le mariage pour tous.

27. Le don de la nature que je voudrais avoir ? Vivre envers et contre tout.

28. Comment j’aimerais mourir ? Vite.

29. État d’esprit actuel ? Difficile ce questionnaire.

30. Fautes qui m’inspirent le plus d’indulgence ? L’enfer est pavé de bonnes intentions.

31. Ma devise ? « Je me contente de peu, j’exige le meilleur » (O. Wilde). C’est celle qui est venue comme ça !

Retrouvez les textes de Rose Tissier sur sa page Short Edition !
http://short-edition.com/auteur/rosabella

Crédit photo : photo fournie par l’auteure


Réveillons Reims, réveillons le blog !

La faute à qui ce silence blogueur ? A la community manager toujours occupée à autre chose (lire, écrire, enseigner, le tout en boucle)…

Nous vous devons donc des comptes que nous devrions plutôt orthographier contes. En attendant, place à notre actu.

Le projet Questionnaires de Proust court toujours, le projet Nouveaux Contes de Reims aussi. Nous sommes toujours actifs (et bien souvent primés) sur Short Edition et certains d’entre nous sont occupés à travailler sur leur premier roman.

Ce qui peut donner ce coup de boost ? Les projets amassés d’un côté, le projet Reims la belle endormie qui vise à montrer l’effervescence de notre ville.


+ de tweet fictions !

Tel le lapin d’Alice, franchement en retard mais néanmoins très attendu, voici la suite de nos tweet fictions. Bonne lecture à tous !

Eric Blanc

Lanceur de couteaux
Face à sa complice, le lanceur de couteaux se concentre. Les yeux froncés, il lève le bras, lance le poignard et éternue au pire moment.

Falaise
Ne te penche pas au bord de la falaise. Ne saute pas dans tous les sens, il y a deux cents mètres de vide ! Voilà, je te l’avais bien dit !

Emmeline

Pourquoi faire  ?
Elle adore coudre, tricoter, faire quelque chose de ses mains. Elle entasse, personne ne lui demande jamais rien.

Michèle Didot

Une vie

Volonté de fonder sa famille pour combler le vide ; labeur, soucis, joies que le temps a gommés. Les souvenirs restent, le regret surgit.

Marie Garance

Amen

Pénitent encapuchonné, il gravit les marches du ciel, épaules basses, croix dans le dos, il marmonne son « Notre Père ».

Sérendipité

Grigri en poche amalgamé à son cerveau, elle pénétra dans le souterrain. La chimère lui fit face, odeur de soufre : danger.


Bonne année + tweet fictions inédites

Pour commencer 2015 en littérature, voici quelques nouvelles écrites sous forme de tweets soit 140 caractères environ… Nous nous sommes inspirés du projet québecois 25 auteurs 25 nouvelles 140 ca.

Bonne lecture et meilleurs vœux !

Les Nouveaux Auteurs Rémois

Emmeline

Barbe à ….

Barbe Blanche, Barbe Rousse, Barbe Noire, traîneau, chevaux, bateau, choisissez les enfants ! »
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Eric Blanc
Un dernier verre ?
« Dieu que ce vin est bon ! Quel envoûtement ! Quel vertige ! Bouquet unique, arômes si délicats ». Dommage que ce soit le verre d’un condamné.
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Thomas Bardoux
Sans titre

« Nous étions épuisés de notre combat contre le monstre. De nombreux soldats ont été perdus. Mais au final, les soldats fourmis ont tué l’araignée. »


Très prochainement, une autre salve de tweet fictions de nos auteurs dont Frédérique Alfassa, Marie Garance, Michèle Didot + d’autres tweet fictions d’Eric Blanc et Emmeline.

Nouveaux contes rémois : « Place d’Erlon » par Vero

 

I- Le touriste

Après la cathédrale et le Palais du Tau, je découvre la place Drouet d’Erlon. Je prends le temps d’admirer les façades Art déco des immeubles de cette avenue piétonne bordée d’arbres et de magasins. Des gens se promènent, regardant les vitrines, d’autres, portable à l’oreille, marchent d’un pas pressé. Un groupe de jeunes me croise, riant bruyamment. Près d’un bureau de poste, un SDF, assis par terre, son chien à côté, attend qu’on lui donne une pièce. Autour d’une fontaine ronde, quelques personnes profitent du soleil. Un petit garçon court, s’amusant à glisser et à chasser les pigeons. Il n’écoute pas sa mère qui l’appelle. Je m’éloigne, me dirigeant vers la fontaine Subé. J’ai lu quelque part que les noms des quatre rivières coulant ici sont gravés sur le piédestal. Une jolie statue dorée de femme ailée, représentant une Victoire, en orne le sommet. Je prends le monument en photo.

Je retourne donner une pièce au type assis près de la poste. Je remarque une petite église, coincée entre une banque et un magasin de sport. Je m’approche, j’apprends que c’est la plus ancienne chapelle de Reims. Douze coups s’égrainent. En face, des clients s’attablent en terrasse, profitant du soleil.  Je regarde les menus des restaurants.

II- Le petit garçon

Génial, j’adore cette place, ça glisse trop bien ! Oh, j’ai failli rentrer dans un monsieur qui prenait des photos ! Heureusement, il m’a vu et m’a évité juste à temps. Il me sourit, il a l’air gentil ! Maman me crie : « Fais attention aux gens, ne cours pas, reviens là ! » Elle me gronde tout le temps, je m’amuse, moi ! Chouette, des pigeons, je leur cours après, j’aime les faire s’envoler. Oh, le gros chien ! Je recule, ils me font peur. Surtout les gros comme celui-là. Le monsieur assis à côté me sourit. « T’inquiètes pas, petit, il est gentil. T’aurais pas une pièce, des fois ? » Il est sale, mal coiffé, une bouteille de vin à côté de lui. Ma maman m’a défendu de parler aux inconnus. Je ne lui réponds pas et cours vers la fontaine. J’adore y tremper mes mains, j’éclabousse les gens sans faire exprès. Une dame me regarde, fâchée, et se lève en râlant. Maman m’appelle encore, mais je fais semblant de ne pas l’entendre, je m’amuse trop ! Elle me rattrape, me grondant: « Alors, tu ne réponds pas quand je t’appelle ? N’embête pas les gens ! » « Maman, tu m’achètes une glace ? Je peux faire un tour de manège ? S’il te plaît ! »

III-Le SDF

Aujourd’hui, il fait beau, y’a du monde sur la place. P’têt que j’vais avoir un peu de sous, on sait jamais. Je m’assois à mon endroit habituel, près de la poste, tout près du distributeur de billets. Je caresse la tête de Rolf, un bon chien, ça. Les animaux, c’est fidèle et comme il est gros, il me protège : la rue, c’est risqué la nuit. On est dans la même galère, tous les deux. Dehors depuis cinq ans. Je regarde les gens passer, en buvant un coup de temps en temps. J’ai qu’ça à faire toute la journée. Avant, j’étais comme eux. Un beau jour, plus de boulot, plus d’argent pour le loyer, hop à la rue. L’été, ça va encore, mais l’hiver… Un gamin court après les pigeons, à cet âge-là, on est bien, pas de soucis ! Une jolie femme passe, pressée, elle détourne le regard quand elle me voit. Fais pas ta dégoûtée, ma belle, ça pourrait t’arriver aussi, tu sais ! Un groupe de touristes photographient le monument à la statue dorée, y’en a bien un qui me donnera quelque chose ? Bingo ! J’ai gagné deux euros, sympa, merci m’sieur !

IV- La femme pressée

Bon, d’abord, il faut que j’aille chez André, j’ai repéré l’autre jour une paire de bottines qui me plaisaient bien. Pourvu qu’ils les aient en marron ! Le noir, j’aime pas, tout le monde en porte. Ensuite, un tour chez Sephora, pour acheter du parfum. Puis un saut à Go Sport, j’ai besoin de t-shirts pour le cours de Zumba. Un groupe de touristes bouche le passage à côté de la fontaine Subé. Je les contourne, mais j’ai failli percuter un gamin qui s’amusait à glisser sur le sol. Il repart sans s’excuser, quel mal élevé !

Près de la poste, l’habituel SDF attend la pièce. Je n’aime pas du tout la façon dont il me regarde. Vieux lubrique ! Vite, je me dépêche, je dois être rentrée dans une heure.


Concours de nouvelles Edilivre : 48h pour écrire vendredi 21/11/14 à 19h

Le blog Nouveaux Auteurs Rémois est partenaire de l’événement et annonce le concours de nouvelles organisé par les Editions Edilivre. La deuxième édition du concours « 48h pour écrire » commence donc demain vendredi et le RDV est donné à 19h sur le site des Editions Edilivre sur lequel vous trouverez toutes les modalités de participation.

En quelques mots, le principe du concours :

le thème sera révélé sur le site de l’éditeur vendredi soir comme annoncé et vous devrez donc écrire une nouvelle (même sous une forme poétique) de 10 000 signes (espaces compris MAX) afin de pouvoir participer et peut-être gagner un des nombreux prix proposés !

défi Edilivre