Archives de Catégorie: poème

Tautogramme par R. Liebert

tautogramme

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Journée internationale des droits de la femme : poèmes inspirés de l’exposition Suffragette City (Lara Schnitger)

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L’être, ses faces

Quand le corps se tait

Lacéré de tissu dentelé

Quand le pied se plaît

Sous les coups de talons déguisés

Alors l’un femme, l’autre perd

De prudes hommes, amère nature

Filles offertes, odieux païens

Ambigu jusqu’au bout des saints

Suppliez tant que l’or dure

Alors l’un femme, notre père

Lui s’attire, elle s’attend

Il s’aime, elle se ment.

Dixie

Résil(l)ience

Corps squelette 
Dans de beaux draps 

Porte ton non 

A bout de bras 
 

Résilles 

Je suis le fil 

Poing de suture 

De pièces de soi 

Bouche décousue 

Là où du bât 
 
Ne saignera  

Plus la blessure
.

Affka

Aux armes, citoyennes 
Tissus tendus sur des écharpes de soi

Droites comme des « I », fières d’elles

Des mots sur un patchwork idéaliste.

Elles crient leur rage,

Elles dénoncent les infamies, debout, solidaires,

La révolte gronde sous des murmures virils

No No No

Elles ne s’apitoient pas sur leur sort,

« Une robe n’est pas un oui ».

Vincent Zochowski

Photo de l’exposition prises au FRAC Champagne-Ardenne décembre 2015.


Printemps des Poètes 2014 : nos créations sur le blog de la librairie Rose et son roman

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Retrouvez nos poèmes écrits à l’occasion du Printemps des Poètes en cliquant sur les liens suivants :

Première série de poèmes sur l’art

Deuxième série de poèmes sur l’art

Troisième série de poèmes sur l’art

Bonne lecture !


Poème : « L’apprenti tragédien » par Eric Blanc

Un soir, excité par de classiques lectures,

Un apprenti rimeur se sentit assez mûr

Pour coucher quelques vers, sur des feuilles impatientes

De s’emplir à l’envi de strophes enivrantes.

                                            *

Sans peur du ridicule, de son talent certain,

Il choisit sans scrupule l’auguste alexandrin.

La verve vive au bout des doigts, il songea : « Chiche !

Décompte jusqu’à douze, césure à l’hémistiche. »

                                           *

Voici notre amateur dans l’habit de Racine,

De Molière ou Rostand, cherchant la rime fine.

Il rêva d’aventures, de dames et d’honneur,

De galants gentilshommes, et d’habiles bretteurs.

                                           *

Des histoires de cœur, dialogues faisant mouche,

« Morbleu ! », « hardi ! » et « diantre ! » par petites touches.

Il se voyait déjà, le soir de la première,

Le triomphe assuré et la gloire sincère.

                                         *

Hélas pour notre homme, notre triste compère,

Il ne put rien de mieux que garder nez en l’air ;

Les mots se refusèrent à laisser choir leur sève

Et les muses campèrent sur leur piquet de grève.

                                       *

Point de « Madame », « Messire », de capes ni d’épées.

Sa plume sécha au vent, mais pas sur le papier.

Quand les chaudes tirades se firent trop désirer,

Il se dit : « Tragédien, quel pénible métier ! »

                                          *

Vexé comme un pou gras, il reprit sans splendeur

Ses chats décousus sur Facebook et Twitter…


Printemps des Poètes / Spécial Voix des Poètes : « Les amoureux antiques » par Anna Spiration, poème affiché à la Médiathèque de Reims

Le poème qui suit a été repéré parmi une cinquantaine de textes et affiché à la Médiathèque de Reims. Ce texte demeure la propriété de son auteure.

Les amoureux antiques

C’est dans un tapis, enroulée,

Qu’elle s’était faite à lui livrer

Il s’était émerveillé de son joli nez

Voilà comment tout avait commencé.

*

Mais en ces temps antiques,

Leurs devoirs étatiques

Imposaient d’être pudiques

Aux amants atypiques.

*

Par une nuit de pleine lune,

Sous leur tente de fortune,

Sa peau brune au goût de prune

Brillait de petites perles d’écume.

*

Elle oubliait tous leurs griefs

Quand l’armure de l’empereur en chef

S’éparpillait en un joyeux relief

Au pied de la couche où…enfin bref !

*

Après leurs ébats sensuels

Ma foi fort peu conventionnels

Elle croquait des mirabelles

En buvant du lait de chamelle.

*

Il sentait bon, il était chaud

Et Jules joueur soufflait sur son dos

On aurait dit le sirocco

C’était juste son beau héros.

*

Mais en ces temps antiques,

Leurs devoirs étatiques

Préparaient un destin tragique

Aux amants non bibliques.

*

Quand le soleil se lèvera

Et qu’il enfilera tout son fatras

César en pleine gloire on assassinera

Et Cléopatatras !

Anna Spiration


Printemps des Poètes / Spécial Voix des Poètes : « Le donneur de leçons » par Marie-Joséphine, poème affiché à la Médiathèque de Reims

Le poème qui suit a été repéré parmi une cinquantaine de textes et affiché à la Médiathèque de Reims. Ce texte demeure la propriété de son auteure.

 Le donneur de leçons

Qui a dit c’est qui qui ?

On ne dit pas c’est qui qui

On dit qui

Pas c’est qui qui

Alors qui a dit qui qui ?

J’attends….

Je répète ma question

C’est qui qu’a dit qui qui ?

Annie c’est toi qu’as dit quiqui ?

Tu dis que c’est qui ?

On ne dit pas

En tendant son doigt

C’est lui qu’a dit qui qui

Alors qu’il n’a pas dit qui qui

Puisque je lui ai dit qu’on dit qui

Non pas qui qui

Et qu’il a compris.

Marie-Joséphine


Printemps des Poètes / Spécial Voix des Poètes : « La traque de Jack » par Véronique Desboeufs, poème affiché à la Médiathèque de Reims

Le poème qui suit a été repéré parmi une cinquantaine de textes et affiché à la Médiathèque de Reims. Ce texte demeure la propriété de son auteure.

La traque de Jack

« J’en ai ma claque de ce cloaque »
Pense Jack, un vieillard maniaque,
Hypocondriaque et paranoïaque,
Qui, dans son bric-à-brac foutraque,
Traque frénétiquement à coups d’almanach,
Rats, souris et autres rongeurs têtes à claques,
Courant partout dans sa baraque.

Quand Jack, las de sa vaine traque,
Troque sa matraque contre un flacon d’armagnac
Il trinque, cul sec, aux îles paradisiaques,
Et s’écroule, tel un sac, dans son vieux hamac…

« Un vieillard maniaque
Buvant du vieil armagnac
Voilà qui est cocasse ! »
Ricanent les souris et les rats voraces
Qui, profitant que le chat dort comme un loir,
Dansent la sarabande jusqu’en haut de l’armoire.
Et grignotent, rongent, et grattent,
Couinent, grincent et se battent,
Font un tel remue-ménage qu’ils délogent
Et réveillent la grosse horloge
Qui rêvait d’un beau buffet comtois.
« Quel chahut ! » gronde la comtoise de sa grosse voix.

« Je n’entends plus mon coucou ! »
Comme folle, elle se met à sonner douze coups
Alors qu’il n’est que quinze heures
Effarouchés par ce tocsin rageur
Souris, rats, mulots, et autres nuisibles
Se carapatent, fuyant ce bruit terrible
Dans leur trou de souris, de rat, ou d’autre rongeur,
Et s’en vont grignoter ailleurs.

Satisfaite, la comtoise se rendort aussitôt.
Le brusque silence réveille Jack en sursaut
Alors, attrapant une pelle à tarte en pestant,
Il se met à asticoter les mouches, moustiques et autres nuisibles bourdonnants.

Véronique Desboeufs