Archives d’Auteur: Frédérique A-L

Dis-moi dix mots / Semaine de la langue française et de la francophonie

Bienvenue sur notre blog ! La nouvelle qui suit a été écrite à l’occasion de la Semaine de la langue française et de la francophonie qui a lieu du 18 au 26 mars 2017. Le jeu « Dis-moi dix mots » auquel nous aimons nous amuser à participer, concours ou pas concours, nous imposait certains termes. Cette année, il s’agissait de langage informatique avec les mots suivants : héberger, nuage, favori, pirate, nomade, canular, émoticône, avatar, fureteur, télésnober.
Bonne lecture !
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Discussion extraite d’un célèbre réseau social :
 
Rémois fureteur @Rémois19830711 – 23 min
Vous ne devinerez jamais ce qui m’est arrivé hier soir !!!! En rentrant du travail, j’ai croisé, devant la cathédrale, un énorme #émoticône « sourire » avec des ailes.
 
 
Gabriel de Reims @GabrieldeReims51 – 21 min
@Rémois19830711 Encore un #canular !!! Je suis, moi aussi passé dans le coin hier et je n’ai vu aucun sourire. J’ai pourtant pris un café sur mon site #favori et même le serveur affichait un visage impassible, sans émotion, un vrai écran noir !!! Et que dire des clients ? Ces #avatars d’humains branchés à leur téléphone, #télésnobant le monde réel, surfant sur la vague du virtuel !!!
 
 
Rémois fureteur @Rémois19830711 – 15 min
@GabrieldeReims51 Je ne like pas ta réponse. Pour preuve, j’ai #hébergé, hier, un blogueur #nomade, qui, certes avait carrément la tête dans le #nuage, mais qui m’a confirmé que le sourire avec des ailes avait été retweeté plus de 5000 fois. Le phénomène est tel qu’un réseau de #pirates informatiques appelé @Nouveauxauteursrémois a décidé de l’utiliser comme logo pour son nouveau forum d’écriture.
 
Ange au sourire @AngeAuSourireReims – 2 min
@GabrieldeReims51 @Rémois19830711 Afin de faire taire tous ces coms, je vous envoie un magnifique selfie #auto-portrait qui vous prouvera que mon sourire vaut plus que 5000 likes #j’aime !!!
 
R.A.W

Tautogramme par R. Liebert

tautogramme


Un roman à télécharger gratuitement : « Le Parcours Rimbaud » par Frédérique Alfassa

couv-rimbaudCréatrice des ateliers d’écriture Nouveaux Auteurs Rémois, Frédérique Alfassa vient  de publier gratuitement un roman numérique au sujet d’Arthur Rimbaud. La date de publication en ligne est le jour de la naissance du poète, le 20 octobre.

https://lirenligne.net/detail-oeuvre-a-decouvrir/Alfassa%20FR%C3%A9D%C3%A9RIQUE/Le%20Parcours%20Rimbaud/2888


Journée internationale des droits de la femme : poèmes inspirés de l’exposition Suffragette City (Lara Schnitger)

suffragette-city

L’être, ses faces

Quand le corps se tait

Lacéré de tissu dentelé

Quand le pied se plaît

Sous les coups de talons déguisés

Alors l’un femme, l’autre perd

De prudes hommes, amère nature

Filles offertes, odieux païens

Ambigu jusqu’au bout des saints

Suppliez tant que l’or dure

Alors l’un femme, notre père

Lui s’attire, elle s’attend

Il s’aime, elle se ment.

Dixie

Résil(l)ience

Corps squelette 
Dans de beaux draps 

Porte ton non 

A bout de bras 
 

Résilles 

Je suis le fil 

Poing de suture 

De pièces de soi 

Bouche décousue 

Là où du bât 
 
Ne saignera  

Plus la blessure
.

Affka

Aux armes, citoyennes 
Tissus tendus sur des écharpes de soi

Droites comme des « I », fières d’elles

Des mots sur un patchwork idéaliste.

Elles crient leur rage,

Elles dénoncent les infamies, debout, solidaires,

La révolte gronde sous des murmures virils

No No No

Elles ne s’apitoient pas sur leur sort,

« Une robe n’est pas un oui ».

Vincent Zochowski

Photo de l’exposition prises au FRAC Champagne-Ardenne décembre 2015.


Poème : « Le soleil sur mes bras blancs » par Margareta Stein-Andreotti

Le bruit des enfants

Contrarie ma solitude :

Au parc c’est le printemps.

Un gamin écrase des gendarmes,

Pauvres petites bêtes,

Au dos de rouge et noir.

Le soleil est tiède,

Sur mes bras blancs.

Les enfants s’en vont

Vers leur bain du soir,

Je reste et regarde et écoute,

Les voitures passent sur la route.

Sur le parking leurs toits métalliques,

Reflètent les rais du soleil,

Brillent comme des lampes vives.

Dans la grisaille du bitume,

Des haies et troncs nus, de la terre,

Fatigués par le long hiver, Un merle – voilà, il tirelire,

Au-dessus dans les branches.

Le jour s’endort et je m’en vais.


Nouvelle collective « Dis-moi dix mots » : « Catwoman Battle » par Frédérique, Maryse, Sophie et Thomas

Catwoman Battle
C’était lors d’un salon du jeu vidéo européen, les files d’attentes immenses pour accéder  à quelques minutes d’un futur blockbuster n’étaient comparables qu’à celles des cosplayeurs entassés devant une scène d’exposition, amalgame de personnages variés et colorés.
Les « zip » des jeux vidéos arrivaient jusque dans le milieu de la rue. Un immense « bravo » surprit tout le monde, ce n’est pas dans l’habitude des joueurs de perdre du temps à se congratuler. 
Dans le dédale de ce salon, ils étaient tous là, à chercher le stand de leurs jeux favoris. Pierre, après les 150 kms parcourus pour arriver à Paris, avait réussi à cibler au bout de l’allée 32 le stand de Catwoman Battle ! Catwoman, tout en latex noir, masquée, bottée.
« Ce jeu est surement interdit aux moins de dix-huit ans. J’y vais ? J’y vais pas ? Il faut entrer dans une cabine. »
Pierre remit son masque de Goldorak . « Je ne le dirai à personne ». Il entra dans la cabine, vide. Pas de Catwoman, pas d’écran, rien. Il marcha sur quelque chose par terre : un sachet plastique avec un bracelet en coquillage étiqueté d’un mot « grigri ».
Pierre sortit de la cabine avec le bracelet au poignet, le trouvant beau, quand quelqu’un l’attrapa par le bras, aperçut le bracelet et dit :
« Enfin, Monsieur C, on vous attend sur le stand dans trois minutes. »  L’homme, habillé comme un pingouin, l’emmena de force vers la scène de présentation d’un jeu dont Pierre ne connaissait rien, même pas le titre, et qu’il devait apparemment présenter à des développeurs japonais, américains et même inuit
La seule présentation qu’il avait faite remontait à ses sept ans à la kermesse du curé.
« Dites, je ne suis pas Monsieur C, vous vous trompez ! », mais le pingouin n’entendait rien et Pierre se retrouva debout derrière un micro. Des centaines d’yeux le regardaient, avides d’en savoir plus.
« Dobry  vecer  dàmy, dobry vecer pànové », s’entendit-il prononcer, lui qui baragouinait à peine l’anglais. Que lui arrivait-il ?
En plus de cette langue inconnue qui sortait de sa bouche, tout autour de lui s’était transformé. 
Il avait la sensation d’être dans un monde parallèle, un monde inconnu : rien ne lui parlait. 
Du Salon international du jeu, il se retrouvait dans un univers à la décoration kitsch, un peu comme s’il venait d’effectuer un retour en arrière dans les années soixante dix. »
« Hello, Pierre ! »
Il était assis dans un fauteuil bulle qui était comme accroché au plafond dans le séjour d’une maison au sol jonché de BDs vintage. Cette voix féminine ne lui sembla pas inconnue.
« Catwoman ! », balbutia-t-il.
« Quelle sérendipité, jeune homme ! », lança-t-elle traversant la pièce dans un claquement de bottes et lui parlant dans la langue inconnue qu’il maîtrisait quelques instants plus tôt.
« Je suis connecté. Mais à quoi et par qui ? 
Il jeta son bracelet, lut dedans « Wiki », puis se retrouva debout devant la cabine. « Quelle expérience ! Le contraire de la zénitude. »
Note des auteurs : les mots en gras correspondent aux mots imposés par la DRAC lors du concours « Dis-moi dix mots » en janvier 2015. Remerciements à Thomas pour l’idée du jeu vidéo !

Texte court : « Page blanche » par Thomas Bardoux

Page blanche. Encore. Et. Toujours. Cette. Page. Blanche !

Bon bah, tu sais quoi ? Je ne me laisserais pas marcher sur les pieds par un bout de papier dont le but est de décrire de façon brouillonne ce qui est si clair à l’esprit ! Non madame ! Je vais écrire que ça te plaise ou non. Mais qu’écrire ? Ma vie ? Non, c’est une nouvelle pas un journal.

Les bêtises de mon chat ? Pff, trop de choses à mettre et si peu de temps !

Tiens je sais, je vais décrire mon environnement ! Je suis assis sur une chaise en bois devant une table coulissante sortie d’un faux meuble, avec ma mère qui fait de drôles de mimiques à cause de son pc qui rame, pc qui en plus, à l’audace d’empiéter sur mon espace vital, à tel point qu’à chaque point le bout de mon stylo heurte le dos de l’écran.

Sur la table, des gâteaux au cumin et une bière, seules choses empêchant ma mère d’envoyer cet ordinateur dissident par la voie des airs. J’avoue, j’en profite un peu. Quoi ? Meuh non, des gâteaux pas de la bière espèce de feuille aux idées mal placées.

A ma droite, le plan de travail de notre petite cuisine : l’évier est vide, ce qui est surprenant, en même temps avec peu d’eau chaude et pas de lave-vaisselle à disposition, la pile d’assiette et de couverts grandit telle la tour de Babel. Sur le séchoir, la vaisselle propre attends d’être rangée avec la patience des objets inanimés.

Plus loin, la plaque de cuisson sur laquelle trône la Sacro-Sainte Machine A Faire Des Chips.

Une mandoline et deux plaques à mettre au micro-ondes mais c’est suffisant pour nourrir la Faim quand la chef de famille n’est pas encore rentrée de son boulot.

Sur ma gauche, pas grand chose, deux tourtières, l’une vide et l’autre au sein de laquelle dors mon chat, un gouttière tigré près à tout pour faire des bêtises plus absurdes que les précédentes, oui tu peux me regarder avec tes yeux verts, petit fauve, j’écris sur toi quand je veux.

Sur le mur, mon emploi du temps allégé pour mes problèmes de concentration et une affiche du théâtre auquel je participe. Tu vois, feuille? J’ai réussi à écrire, et sûrement même à te taper sur clavier ensuite.

Bon, c’est pas tout ça mais moi je dois t’envoyer, sayonara, ancienne feuille blanche !