Nouvelle policière : « Très cher docteur » par Vincent Zochowski

Très cher docteur

Le  25 /03/1955

Très cher docteur et ami,

J’ai appris par Alexandre, lors de sa consultation,  que tu étais très souffrant ces derniers temps. J’espère de tout cœur que tout va s’arranger pour toi.

Un comble pour toi, qui es médecin,  psychiatre  certes, mais médecin quand même. Ce lundi a été inhabituel, dans mon immeuble, rue des Carmes où un étrange attroupement a eu

lieu. On ne sait pas trop ce qui a bien pu se passer  mais des  traces de sang bizarres parsemaient  le sol  et de petites taches éclaboussaient le mur de façade.

Quelques personnes de passage imaginaient un scénario, d’autres émettaient une hypothèse. Rien, on ne savait rien mais on imaginait tout.

Mon cœur battait à tout rompre, moi qui n’avais l’habitude de voir que mon propre sang.

Mais peut-être n’est-ce rien,  simple imagination de ma part, une scène de cinéma,  pourquoi pas.

Sur ce je te laisse.

A bientôt mon ami.

David

Le 26 /03/1955

Mon très cher ami,

Effectivement, il s’est bien passé  quelque chose d’étrange, voire d’effroyable en ce matin du 25 mars.

On a retrouvé ma concierge, la vieille Adeline, égorgée dans sa loge. Une scène épouvantable, à ce qu’on m’a dit.

Pas le moindre témoin, mais beaucoup de personnes en parlent  dans le bar du coin avec son lot habituel de « j’ai tout vu et je ne vous dirai rien  » et d’alcooliques notoires.

Je me sens très perturbé par  cette histoire de fou.

J’avais  encore parlé à la vieille Adeline, à peine une heure avant le drame et après je ne me souviens de rien. Mais de quoi devrais-je  donc me souvenir, dis-moi, Adrien ?

Allez,  je te laisse et à bientôt.

David

Le 07 / 04 / 1955

Mon cher Adrien,

Merci de ta réponse. En effet  je me sens mieux depuis quelques jours après le traitement que tu m’as conseillé de prendre. Je suis moins anxieux mais un peu trop amorphe à mon goût.

Je te tiens au courant si le traitement ne me convient plus. En ce qui concerne le crime qui a eu lieu au bas de mon immeuble, les rumeurs vont bon train. Il me semble intéressant de

suivre l’affaire. Ce n’est quand même pas tous les jours qu’un tel événement se produit. Ce serait presque une bonne chose, une sorte de publicité pour le quartier.

J’ai même retrouvé des traces de pas ensanglantées sur le palier de mon appartement, des traces de doigts sur chacune des cinq portes comme si l’assassin était passé ici près de chez

moi, pour chercher à fuir, qui sait ?

Je l’aimais quand même cette vieille dame, un peu aigrie quelquefois mais qui me rendait de grands services.

J’aimerais tellement savoir ce qui lui est réellement arrivé.

Je te laisse car je suis si énervé que j’ai envie de déchirer cette lettre et comme tu vois, je n’en ai rien fait.

A bientôt,  mon cher Adrien.

David

Le 10 / 04 / 1955

Mon cher Adrien,

Comment vas-tu depuis ces quelques jours ? Mieux, j’espère !

Moi, je suis toujours inquiet de cette situation.

Au fait, j’ai un doute, Adrien, tu ne m’as toujours pas répondu à propos de  mon affaire délicate.

Qu’en penses- tu,  mon cher médecin? Je suis perdu.

Ces quelques traces retrouvées sur mon palier m’intriguent fortement.  Je n’ai rien à me reprocher mais j’ai un doute, un doute affreux…

Il me revient en mémoire, Adrien,  que ce jour du 25 mars, ma défunte concierge, t’avait aperçu dans la rue une heure avant de mourir.

Que faisais-tu là Adrien ?  Venais-tu me voir ou étais-tu seulement de passage ?

Je suis inquiet, Adrien, j’ai peur,  Adrien. Qu’est- ce que l’avenir  me réserve, dis-moi, Adrien ?

David

Le 12 / 04 / 1955

Un crime dans la Seine

Il était environ 18h30, ce mardi 11 avril, lorsque monsieur Alban, pêcheur de son état, découvrit le long de la berge  rue des Suicidés, le corps sans vie d’un homme d’une trentaine d’années.

Cet homme flottait sur le ventre, un couteau planté dans le cœur.

Selon les premiers éléments de l’enquête, l’homme serait mort dans la journée du mardi, si l’on en juge  par la rigidité cadavérique.

Cet homme portait ses papiers. Il s’agirait d’un certain David Lilbert, demeurant rue des Carmes.

Bien entendu, des recherches plus approfondies seront effectuées, en ce qui concerne  la véritable identité du défunt.

La police est à la recherche d’un éventuel témoin, et toutes les informations  pouvant faire avancer l’enquête seront les bienvenues.

FH

Vincent Zochowski

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :