Nouvelle à chute : « L’effort » par Mériam Lém

L’effort

Je cours pour échapper à mes ennemis depuis un moment maintenant et je ne peux pas m’arrêter, malgré ma fatigue et mon désespoir.

Je regarde derrière moi et ils sont toujours là, à me pourchasser, avides de m’attraper pour m’éliminer. J’ignore combien ils sont, je suis si fatigué que je ne me souviens plus exactement mais il ne faut pas que je m’arrête : ma vie en dépend.

J’essaie de courir plus vite mais je n’y arrive pas. Mes jambes me brûlent et un point de coté m’oblige à me courber. Cela me soulage un peu mais combien de temps vais-je pouvoir tenir ainsi ?

Je n’aurais pas dû venir. Au départ, c’était l’idée d’un ami mais maintenant je regrette de m’être impliqué dans cette histoire qui causera ma perte.

Et mes poursuivants sont toujours là, ils me courent après, sans relâche, déterminés à m’avoir.

J’ai si peur que je n’arrête pas de regarder derrière moi et chaque fois je les vois, ils sont plus près de moi, réduisant l’écart qui nous sépare. Ils ne laisseront pas tomber !

Alors, mon angoisse augmente et j’imagine le pire. Je les vois me piétiner sans remords me laissant mourant sur le sol, oublié de tous.

A cette idée, le peur me prend,  me coupant le souffle, paralysant mes muscles et je trébuche, manquant de tomber sur le chemin de terre et de cailloux.

Je reprends l’équilibre avec du mal et je tente de me concentrer sur ma respiration : « Ne regarde pas derrière, ça te ralentit. »

Je rejoins enfin la route déserte et j’aperçois au loin la porte de la ville où des gens me délivreront.

Quelques mètres encore et mon calvaire s’arrêtera, alors j’accélère dans un dernier effort, sans savoir quelle force me transporte.

Je ne sens plus la douleur et la peur fait place à l’espoir, celui d’être enfin libéré, réconforté par les miens.

Je croise des gens qui me regardent surpris, certain crient, mais je continue, sans me retourner : la porte magistrale est devant moi. Je franchis l’arcade, tête la première, et m’effondre aux pieds d’un homme qui se tenait là.

Il se penche au dessus de moi et me dit en souriant :

« Félicitations, vous êtes arrivé troisième ! »

Mériam Lém

Nouvelle composée lors de l’atelier sur la nouvelle à chute.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :